Saint Nicolas, mon bon patron...

Saint Nicolas, saint patron et protecteur des enfants et de la Lorraine est fêté tous les 6 décembre, surtout dans l'est de la France et dans le nord ainsi que dans de nombreux pays d'Europe.
La légende du Père Noël  a été crée à partir du personnage de Saint Nicolas. C'est en quelque sorte l'ancêtre du Père Noël.
Considéré depuis le XVe siècle comme patron de la Lorraine, le culte de l’Evêque de Myre, très vénéré au Moyen-âge, prit naissance vers la fin du XIe siècle à Port (Meurthe-et-Moselle). Entre tous les saints qui se partagent la ferveur populaire, "le grand Saint-Nicolas des Lorrains " est, sans conteste, à l’un des premiers rangs. Ce pays de Lorraine, qui compte de nombreux saints et pieux personnages, a pour patron un évêque de l’église grecque : voilà qui peut sembler curieux. Peut-être pouvons-nous en tirer valeur de symbole : la civilisation et la sagesse grecques ont servi de modèle et de base à notre société, cela montre que la Lorraine est ouverte à l’universalité.
Bien que célèbre et honoré de son vivant, sa vie est peu connue. C’est le charme des légendes qui ont rendu ce saint personnage si populaire. Son nom signifie en grec: Victoire du Peuple.
 

L'évêque
 Saint Nicolas
Saint-Nicolas naquit vers 270 à Patare (en Lycie, extrémité méridionale de l’Asie Mineure); il devint évêque de Myre et mourut vers 329, un 6 décembre. Le 9 Mai 1087, ses reliques furent transportées à Ban (Italie) par des marchands qui craignaient que le tombeau du saint ne soit profané par les Turcs qui venaient de se rendre maîtres de l’Asie Mineure. Vers la fin du XIe siècle, un chevalier lorrain, Aubert de Varangéville ayant entendu parler de la translation de Saint-Nicolas, s’achemina en tant que pèlerin vers la cité de Ban. S’étant acquitté de ses vœux, il fit tant qu’il rapporta la jointure du doigt du saint et la déposa à son retour en un lieu appelé Port. Par le pèlerinage qui prit naissance, puis par des miracles accomplis, la réputation des mérites du grand Saint attira une foule de plus en plus grande, non seulement de Lorraine, mais également des pays circonvoisins. En 1093, l’évêque de Toul, Pibon, consacrait à Port une nouvelle église spécialement construite en l’honneur de la précieuse relique, sous le titre de Saint-Nicolas. De Port, le culte de Saint-Nicolas s’est répandu dans toute là région et au-delà; progressivement dans la vallée de la Moselle et dans la vallée du Rhin (XIIe) puis dans toute l’Allemagne (XIIIe).

Le Saint Patron des Lorrains

C‘est René II, Duc de Lorraine (1473- 1508), qui donna à Saint-Nicolas le titre de patron de la Lorraine, en 1477 après la bataille de Nancy. Ce titre fut confirmé officiellement par le pape Innocent X en 1657. René II, avant de partir délivrer sa capitale assiégée par les troupes de Charles le Téméraire, fit sa dernière étape à Saint-Nicolas-de-Port. Dans cette ville se décida la bataille décisive. Après avoir entendu la messe dans l’église de Saint-Nicolas et placé ses armées sous la protection du Saint, l’armée lorraine se mit en marche sur sa capitale. Une brillante victoire devait être remportée sous les murs de Nancy. Le Duc, « non voulant approprier à lui louange, rendit gloire de sa victoire à Dieu, à la Vierge mère..., pareillement appropria l’honneur à Monseigneur Saint-Nicolas, en le réputant père du pays, duc et deffence de Lorraine ». Les Ducs ne cesseront d’honorer ce patronage et d’affirmer cette protection.
Des confréries, chapelles, .hôpitaux, de plus en plus nombreux, se placèrent sous le patronage de Saint-Nicolas. Le plus ancien oratoire dédié au saint est l’hôpital des pauvres de l’abbaye de Gorze. En 1605, il reçoit pour sa consécration une relique du saint évêque de Myre. Mais en Lorraine, des autels étaient déjà dédiés au saint. L’abbaye Sainte-Vanne de Verdun possédait un autel Saint-Nicolas. Son culte s’est répandu dans nos paroisses et dans la plupart des églises on fonda des autels dédiés à Saint-Nicolas. Ainsi, dans le diocèse de Toul, on compte 180 monuments en son honneur. Aujourd’hui, 64 paroisses lorraines sont toujours placées sous le patronage de Saint-Nicolas.

La coutume
 
Saint Nicolas et les enfants
Dès la première moitié du XIIe siècle, Saint-Nicolas est le patron des clercs, particulièrement des « clergeons » ou écoliers. Ce texte ancien de la Bibliothèque Nationale en est le témoin (B .N. lat I 1 39 , f° 46).
Festum ergo pontificus              La fête du grand Evêque
J am sociati caelicis                  Aujourd’hui au nombre des Saints
Cum cantibus mirifis                  Avec des chants magnifiques
A tque modis organicis              Et de mélodieuses musiques
Festivetur a clericis,                  Célébrez-la vous les clercs,
Et maxime scholasticis!             Et surtout les écoliers!
La Légende de Saint Nicolas veut que le saint ait ressuscité trois petits enfants qui étaient venus demander l'hospitalité à un boucher. Celui-ci les accueillit et profita de leur sommeil pour les découper en morceaux et les mettre au saloir. Sept ans plus tard, Saint Nicolas passant par là demande au boucher de lui servir ce petit salé vieux de sept ans. Terrorisé le boucher prit la fuite et Saint Nicolas fit revenir les enfants à la vie. Cette légende est à l'origine d'une célèbre chansonnette : "Ils étaient trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs..."
illustration du pain d'épice de Saint Nicolas
Tous les ans, selon la tradition populaire, Saint-Nicolas descend sur la terre dans la nuit du 5 au 6 décembre pour offrir des présents aux enfants qui les ont mérités par leur piété, leur bonne conduite et leur application  au travail.
Saint-Nicolas dans les écoles religieuses distribuait des récompenses (et des punitions) aux écoliers. C’était alors un excellent auxiliaire pédagogique.
Les enfants chantaient inlassablement à l’approche de la fête de Saint- Nicolas, des cantiques. Une prière était récitée le soir du 5 décembre, lorsque Saint-Nicolas rendait visite aux enfants. Le grand Saint s’assurait que les petits connaissaient bien leurs prières et leur faisait réciter le Notre Père. Après avoir demandé aux parents si les enfants avaient été sages, il distribuait des friandises et parfois également un martinet.

Aujourd’hui Saint- Nicolas passe encore dans les écoles maternelles où les enfants continuent à lui chanter des comptines anciennes et où il distribue largement bonbons et pains d'épices. Dans les autres classes, les enfants ont déjà perdu leurs illusions sur la réalité du personnage, même s’ils rêvent aux cadeaux qui seront déposés dans la nuit au pied de leurs lits.
Saint Nicolas, dans son costume d'évêque fait équipe avec un personnage sinistre, le père Fouettard. Celui-ci, tout vêtu de noir n'a pas le beau rôle puisqu'il est chargé de distribuer les coups de trique aux garnements.

La veille de la Saint Nicolas, les petits enfants placent leurs souliers devant la cheminée avant d'aller se coucher. Il dépose à côté de leurs chaussures, une carotte et des sucres pour la mule du Saint Nicolas et un verre d'eau de vie de mirabelle ) pour réchauffer le grand Saint (ce, à la grande joie des papas).
 
Informations provenant du livre de Jean Marie CUNY, "Saint Nicolas", Presses de l'Imagerie d'Epinal.